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Elevage du Tilapia

Location: BP 2134 DOUALA-CAMEROUN, Douala, 00237, Cameroon
Organization: Planète Sans Souffrances
Language(s): French
Media: Article or paper
Last updated: August 21, 2007
Area of Focus: Farming and Agriculture, Environment and Ecology, Poverty and Hunger
Phone: (237) 77 60 77 62

Description:

Introduction
La pisciculture peut être définie comme l'élevage de poissons. Elle peut se pratiquer dans l'eau douce, saumatre ou dans l'eau de mer. Ici, on s'occupera seulement de la pisciculture en étang, du Tilapia nilotica, qui est un des principaux poïssons d'élevage en Afrique.
Un bassin de pisciculture est en fait une pièce d'eau qu'on peut remplir et vider selon les besoins. Pour cela, le bassin est muni d'une entrée d'eau et d'une sortie d'eau (le moine). La profondeur minimale de l'eau est de 50 centimètres. Même si le Tilapia peut vivre dans une eau fermée, il est nécessaire d'avoir une source d'eau apropriée pour maintenir l'eau du bassin au niveau voulu.
Quand un pisciculteur a plusieurs bassins groupés qu'il exploite économiquement, on peut parler d'une ferme piscicole. Dans ce cas il aura probablement différents types de bassins pour le stockage d'alevins, la reproduction et le grossissement, selon le type d'élevage qu'il veut pratiquer.
Le but principal de la pisciculture est la production d'un aliment riche en protéines pour la consommation locale. Ceci est très important pour beaucoup de villages éloignés ou il est difficile de trouver d'autre sources de viande ou de poisson. Le pisciculteur produit ses poissons sur place et peut nourrir sa famille correctement.
Il peut aussi vendre une partie de ses poissons et augmenter ainsi les revenus de la famille. Si l'on pratique une bonne méthode de fertilisation d'eau et d'alimentation, la pisciculture peut être très productive. La transformation de sous-produits agricoles en poisson est souvent plus favorable dans la pisciculture qu'en élevage de poules ou de porcs. Avec 3 kilos de tourteau de coton on produit en moyenne un kilo de Tilapia. Les meilleurs rendements obtenus dépassent 100kg de Tilapia par an et par are d'étang et cela non seulement dans les stations piscicoles mais aussi chez des pisciculteurs privés. Les rendements sont évidemment liés au savoir faire du pisciculteur et à la quantité et qualité des aliments dont il dispose.
Une méthode pour obtenir de bons rendements est l'élevage associé, dont on parlera plus loin. En fait il y a très peu de gens en Afrique qui ont comme seul métier la pisciculture. Ce n'est d'ailleurs pas le but recherché. Il faut chercher à intégrer la pisciculture dans la production agricole chaque fois que les circonstances le permettent.
De la récolte des cultures une partie va directement au paysan, une partie peut être utilisée par les canards ou cochons et les sous-produits peuvent être donnés aux poissons cu mis dans le compost. Le fumier des élevages est riche en élements nutritifs et quand il est mis dans l'eau, il va stimuler le développement du plancton. L'eau va devenir verte. le plancton est la nourriture naturelle du Tilapia nilotica. Grace aux sous-produits des cultures et au fumier de l'élevage, le paysan ajoute a ses revenus une bonne récolte de poissons, au bénéfice de sa famille.
On distingue trois niveaux de production dans la pisciculture. La méthode intensive, semi-intensive et extensive. Dans la pisciculture extensive, le poisson n'est pas nourri par le pisciculteur. Le poisson mange seulement la nourriture naturelle qu'il trouve dans l'eau. On peut aider le développement de cette nourriture naturelle (plancton) avec un compost. Les rendements seront moyens. La méthode intensive (ou industrielle) exige beaucoup plus d'effort de la part du pisciculteur. Ici, toute la croissance du poisson est due aux aliments distribués par le pisciculteur. Les rendements sont maximum. Le coût de l'alimentation est plus élevé, mais la recette le dépasse largement.
Le choix du site.
Avant d'entamer la construction d'un étang, il faut être sûr qu'on peut faire la pisciculture à l'endroit où on veut s'installer. Si on ne fait pas attention on risque de dépenser beaucoup d'énergie et d'argent pour un maigre résultat.
Quand on fait la prospection il faut envisager les points suivants:
- Disponibilité d'eau
- Un terrain en pente douce
- Un sol imperméable
- Accessibilité du terrain
- Un terrain exposé au soleil
- Possibilité de construire à moindre coût
- Possibilité de construire plusieurs bassins
- Disponibilité d'aliments pour le poisson
- Proximité du village.
Disponibilité d'eau.
Pour en tirer le maximum de profit il faut que l'étang puisse être en production pendant toute l'année. Il faut done une alimentation en eau pendant toute l'année. Il faut de l'eau pour remplir les étangs et pour maintenir l'eau à niveau. On doit compenser les pertes d'eau par évaporation et par infiltration. C'est pendant la saison sèche quand il y a peu d'eau, que les pertes sont grandes. Pour maintenir sous eau une pisciculture d'un hectare, il faut 2 à 5 litres d'eau par seconde. Ce débit d'eau est done à contrôler pendant la saison sèche.
D'autre part, il faut aussi vérifier s'il n'y a pas de risques d'inondation. Les gens qui habitent sur place sont les mieux informés. Ils savent s'il y a de grandes crues. On peut aussi vérifier les marques d'eau sur les berges et les ponts.
Il ne faut pas construire un étang où il y a des risques d'inondation. Non seulement on peut perdre tous les poissons, mais aussi les digues peuvent être emportées.
Un terrain en pente douce
Une pente douce de 2 à 3 % convient le mieux. On aura moins de terre à enlever pendant la construction et on pourra facilement mettre l'étang à sec. S'il n'y a pas de pente on aura des difficultés pour remplir ou pour vidanger l'étang. Une pente trop forte ne convient pas non plus. La digue en aval va être très grande, fragile et coûteuse pour seulement une petite superficie sous cau
Un sol imperméable
Le sol doit bien maintenir l'eau. Il ne peut done pas être trop sablonneux au graveleux. Il faut qu'il contienne suffisamment d' argile. Pour tester rapidement si le sol convient on prend une polgnée de terre humide et on la pétrit en boule. Si en la manipulant quelques temps on s'aperçoit qu'elle reste bien en boule c'est que le sol convient. Il faut aussi contrôler en profondeur si le sol convient.
Une méthode très sûre est la suivante :
On creuse un trou de 60 à 70 cm et le matin, on le remplit d'eau. Le soir une partie de l'eau sera infiltrée. On remplit le trou de nouveau complètement. Si le lendemain matin la plupart de l'eau est encore dans le trou, on peut être sûr que le sol retient bien l'eau.
Accessibilité du terrain.
Un bon pisciculteur va tous les jours contrôler son étang. Il donne au moins une fois par jour à manger à ses poissons, chaque semaine il recharge le compost, il coupe les herbes sur les digues, etc… Il faut donc que l'étang ne soit pas trop loin de la case du pisciculteur et qu'il n'y a pas de barriéres infranchissables entre l'étang et la maison (rivière en saison de pluie, par exemple). Il est d'ailleurs conseillé d'habiter le plus près possible de son étang pour le surveiller contre les voleurs.
Un terrain exposé au soleil.
Le Tilapia aime les eaux chaudes. Il grossit et il se reproduit le mieux à une température de 22 à 23C°.
A 15C° la reproduction s'arrête et le grossissement sera très ralenti.
Il ne faut pas non plus que la température monte au dessus de 30C°, mais quand l'étang a une profondeur d'eau minimale de 50cm, il n'y a absolument pas de crainte à avoir.
Il y a une deuxième raison pour laquelle l'étang doit être bien exposé au soleil. C'est sous l'action des rayons solaires que le phytoplancton ou le plancton végétal se développe. Ce plancton forme l'alimentation naturelle de notre poisson. C'est le plancton qui colore l'eau de l'étang en vert. Si l'eau de l'étang est bien verte, c'est qu'il y a beaucoup de plancton. Ce plancton est l'alimentation de base de nos poissons.
Pour ces deux raisons on évitera done de laisser des arbres qui font de l'ombre sur l'étang et on enlèvera toute végétation flottante de l'étang (comme les néauphars).
Possibilité de construire à moindre coût.
On a déjà vu qu'on ne va pas construire un étang là oùla pente est très forte parce que la digue en aval devrait être très grande et donc coûteuse pour un étang de superficie réduite. (Pour chaque travail on compare l'effort nécessaire avec le bénéfice qu'on peut en tirer).
Si on a le choix on va done préférer un terrain découvert à un terrain plein de troncs d'arbres qu'il faut enlever avec toutes les racines. On va aussi choisir un terrain sans rochers ou gros cailloux.
Possibilité de construire plusieurs bassins.
Il est préférable de se grouper pour construire avec les autres villageois plusieurs bassins les uns àcôté des autres. Le travail fait en commun est moins lourd et la surveillance sera mieux assurée. En plus, si le pisciculteur exploite bien son premier étang il aura de bons résultats et cela lui donnera envic de construire un deuxième bassin. Quand on a plusieurs bassins on peut faire plus de vidanges et avoir du poisson pendant toute l'année. Il faut done prévoir un terrain assez grand et un débit d'eau correspondant à cette surface.
Disponibilité d'aliments.
Ce point devient très important quand on veut faire la pisciculture intensive, c'est-à-dire qu'on va apporter au poisson toute la nourriture dont il a besoin pour obtenir une croissance maximale,ou si on veut faire l'élevage associé avec des poulets, canards ou cochons à qui il faut apporter une alimentation complète. Dans ce cas il faut d'abord faire une étude du marché pour voir quels sous-produits agricoles sont disponibles àquel moment de l'année, quelle quantité et à quel prix.
Proximité du village.
Si l'on produit intensivement du poisson, on aura un surplus de poissons les jours de la vidange. La famille ne pourra pas consommer tout. Une partie du poisson devra etre vendue. Dans ce cas il est commode d'avoir le marché tout près. De poisson est difficile à conserver une fois qu'il est récolté. Il faut pouvoir l'écouler le plus vite possible à moindre frais.
Les différents bassins piscicoles.
On peut classer les bassins piscicoles selon l'origine de l'eau qu'ils utilisent.
Etangs de source et étangs dans la nappe phréatique.
- Ces étangs ont une source d'eau dans l'étang même ou très proche de l'étang, ou ils sont alimentés par la nappe phréatique. Le niveau d'eau dans ces étangs dépend du débit de la source ou du niveau de la nappe phréatique. Ces étangs sont en fait des trous creusés dans le sol. Ils seront souvent trop peu profonds puisqu'on ne peut pas assècher complètement l'assiette de l'étang, de façon qu'on travaille dans la boue ce qui rend le creusage difficile.
Chaque étang en parallèle a une prise d'eau individuelle sur le canal d'alimentation. Chaque étang peut être rempli et vidangé indépendamment des autres étangs.
Etangs en série
Etangs en dérivation
Barrage de dérivation
Déversoir du barrage
Canal de dérivation
Lit du marigot qui sert de canal d'évacuation
Etangs en parallèle
Etangs en série
Construction d'un bassin piscicole.
Le terrain est choisi : on a de l'eau en permanente, le sol est imperméable et le terrain est en pente douce. On veut construire un étang en forme de carré de 15m sur 15m avec un profondeur minimum de 100 cm, c'est-à-dire 70cm d'eau et 30 cm de revanche.
Il faut que
Le canal d'alimentation soit au moins 70cm plus haut que le fond de l'étang à l'entrée d'eau
Le fond de l'étang soit bien plus haut que le marigot afin de pouvoir vidanger l'étang complètement
L assiette de l'étang soit en pente régulière vers la sortie.
La coupe d'un étang bien creusé.
Le canal est trop bas
L'assiette de l'étang n'est pas en pente régulière
Les digues sont trop raides, elles vont s'écrouler petit à petit
Le marigot est trop haut par rapport au fond de l'étang.
Les travaux à faire.
Creuser le canal d'amenée d'eau
On va piqueter un grand carré de 21 m sur 21m. On met des piquets dans les coins et on les raccorde avec une ficelle. Ce carré nous indique les côtés exterieurs des digues.
On nettoie ce carré. On déracine les troncs d'arbres, on enlève les buissons et on coupe l'herbe.
On enlève les 10 à 20cm de terre noire et le reste des racines.
On nutilisera jamais cette terre pour monter la digue.
On piquetera alors l'intérieur des digues, c'est-à-dire l'assiette de l'étang. Il faudra laisser plus d'espace pour la digue en aval puisqu'elle sera plus haute.
Sommet de la digue : 1 mètre
Base de la digue : 4 mètres
Pente 1/2 à l'intérieur du bassin
Pente 1/1 à l'extérieur du bassin.
Pour construire une telle digue on va d'abord piqueter la base. On tend les cordes à 20cm de hauteur et on ammène la terre que l'on va bien damer jusqu'à la hauteur de la corde. Pour bien compacter la terre on va la mouiller légèrement. A la fin on obtient une digue en forme d'escalier.
Attention !
Là où le soln'est pas assez argileux on construit des digues avec un talus moins raide et avec un noyau d'argile.
Le tuyau de vidange sera évidemment fermé avec un bouchon ou un morceau de bois.
Le trop plein sera aussi pourvu d'un grillage pour éviter que les poissons du bassin sortent quand le trop plein fonctionne.
Il faut toujours surveiller que les grillages ne se bouchent pas. Un tuyau de trop plein bouché n'a plus d'utilité. L'eau va monter dans le bassin et passer au dessus des digues !
Pour éviter que le grillage du trop plein se bouche trop vite. on va l'incliner un peu. On va mettre l'ouverture à l'intérieur du bassin juste en dessous du niveau d'eau et l'ouverture à l'extérieur du bassin juste au dessus du niveau d'eau.
Le moine.
A la place d'un simple tuyau avec bouchon, on peut aussi installer un moine.
Un moine est une construction en béton avec des planches pour règler la hauteur de l'eau dans l'étang. Cette construction est difficile et chère. Elle évite des pertes de poissons à la vidange mais elle ne peut être rentable que dans des bassins d'une certaine taille. Il faut demander l'aide d'un moniteur si vous voulez construire un moi
La planche de deux mètres a un pied de 10cm et un pied de 12cm. Avec le niveau de maçon on met la planche horizontale. La pente entre l'extrémité des deux pieds est de 2cm sur 2 mètres, ou 1cm par mètre, ou 1%
Pour un canal d'alimentation, une pente de 1% convient très bien. Une pente plus forte donnerait trop d'érosion.
La pente de l'assiette d'un grand étang sera aussi ± 1%, pour les petits étangs elle peut être un peu plus forte (2%).
L'élevage de Tilapia nilotica en monoculture mixte.
Le Tilapia nilotica : Biologie
Morphologie
L'eau chargée d'oxygène (O2) dissous, entre en contact avec les lamelles branchiales.
L'oxygène (O2) de l'eau, traverse la fine membrane des lamelles branchiales et passe dans le sang
Le sang ammène l'oxygène vers tous les organes du corps où il est échangé contre le gaz carbonique (CO2)
C'est le coeur qui pompe lesang à travers les vaissaux sanguins du corps.
Le sang a échangé tout l'oxygène (O2) contre le gaz carbonique (CO2)
Arrivé au niveau des branchies, le sang décharge le gaz carbonique (CO2) dans l'eau et se recharge d'oxygène (02).
L'eau qui sort des opercules du poisson est chargé de gaz carbonique (CO2).
L'oesophage est très court et débouche dans l'estomac et ensuite un très long intestin. (± 8,5 × la longueur du corps chez Tilapia nilotica).
Chez les voraces l'intestin est beaucoup plus court mais l'estomac est plus développé. C'est dans l'estomac et l'intestin que se passe la digestion.
La reproduction.
Si la température de l'eau monte autour de 20°C les Tilapia vont se choisir un partenaire pour la reproduction. Du couple, c'est le mâle qui construit le nid. La forme du nid est différente pour chaque espèce de Tilapia. Chez le T. nilotica le nid a la forme d'une cuvette de 20 à 30 cm de diamètre, que le mâle aménage de préférence dans un sol sablonneux à une profondeur comprise entre 30cm et 150cm, selon les possibilités. Quand le mâle a creusé le nid, la femelle vient y déposer ses oeufs. Le mâle vient alors déposer la laitance sur les oeufs et la femelle reprend les oeufs fécondés en bouche. La femelle va garder les oeufs fécondés en bouche jusqu'à l'éclosion. On appelle cela : "INCUBATION BUCCALE" Par le jeu des machoires, les oeufs sont mélangés avec de l'eau fraiche bien oxygènée.
Les larves de Tilapia nilotica écloses restent dans la bouche de la mère jusqu'à ce qu'elles soient capable de nager. La mère libère alors ses petits, mais ils restent à proximité des parents et apprennent à se nourrir. En cas de danger, toutes les larves se refugent dans la bouche de la mère.
Une femelle mature (3 à 4 mois) peut pondre une fois toutes les 3–4 semaines. C'est pour cela que les femelles de T. nilotica grossissent sensiblement moins vite que les mâles :
Elles produisent une grande quantité d'oeufs
Pendant toute la période de l'incubation buccale la femelle se nourrit mal.
Il est assez difficile de reconnaître les mâles des femelles chez T. nilotica, surtout quand il sont petit. Il faut qu'ils pèsent plus de 30 grammes avant de les pouvoir reconnaître à l'oeil d'une façon certaine.
Les différences sont :
La hauteur du corps est plus grande chez le mâle que chez la femelle.
La femelle a une couleur légèrement plus foncée et bleuatre.
Les bas de joues de femelles sont gonflés à cause de l'incubation buccale.
La papille urogénitale est légèrement différent chez les deux sexes.
Il faut bien contrôler si les digues tiennent bien. On fait le tour de l'étang pour vérifier qu'il n'y a pas de fuites.
La profondeur minimale doit être 50cm.
La mise en charge.
Manipuler les alevins avec précaution.
Les alevins qu'on va mettre dans le bassin doivent y arriver en bon état. C'est de leur survie que dépendra entre autres la réussite de la production.
Quand on doit prendre des alevins dans la main pour les trier sur taille ou espèce, il faut toujours avoir les mains mouillées. Les écailles des poissons sont recouverted'une petite couche muqueuse qui protège le poisson contre les attaques des bactéries et des champignons. Quand on prend un poisson avec les mains sèches on enlève cette couche de mucus, elle reste collée à nos mains. C'est là que les parasites vont attaquer le poisson.
On cherchera à travailler pendant les heures fraiches de la journée. C'est-à-dire tôt le matin. On mettra toujours les alevins à l'ombre pour éviter que l'eau du récipient ne chauffe et perde encore plus vite son oxygène. On laisse les alevins hors l'eau le moins longtemps possible. On renouvelle l'eau du récipient si elle est trop boueuse ou trop chaude.
On manipule les alevins le moins possible.
Quand on met les alevins dans le bassin, on met d'abord le récipient dans l'eau. On le verse doucement de façon que l'eau du bassin et l'eau du récipient se mélangent petit à petit.
Comment cela se passe-t-il dans la nature ?
Les eaux naturelles (les rivières et les marigots) contiennent des poissons, même si ce n'est pas l'homme qui les a mis dedans. Il y a aussi plein d'autres animaux et plantes.
Tous ces animaux et plantes dans leur milieu forment un système en équilibre qu'on appelle écosystème.
Voici comment cela fonctionne :
L'eau de pluie, avant d'arriver dans le marigot, coule sur la terre et se charge de très petites particules de roches : les minéraux dissous. Toute plante a besoin de ces minéraux pour sa croissance.
C'est dans cette eau là, chargée de minéraux dissous que, sous l'action des rayons solaires, des plantes se forment.
On appelle celà la photosynthèse. Il n'y a pas seulement les plantes qui poussent sur le fond ou a la surface, il y a aussi des toutes petites plantes qui flottent dans l'eau et qui donnent une couleur verte à l'eau si elles sont nombreuses. Ces plantes minuscules, invisibles à l oeil nu, s'appellent : le plancton végétal ou le phytoplancton.
Ensuite il y a les poissons qui mangent de préférence ces petits ani-maux et les poissons voraces qui mangent les autres poissons.
Quand les poissons meurent (et aussi quand d'autres organismes aquatiques meurent) ils tombent dans la vase au fond de l'eau. La, des animaux très petits, invisibles à l'oeil nu (les bactéries) vont aider à la décomposition et ils vont transfomer le poisson mort en minéraux dissous.
Ces minéraux dissous seront utilisés par les plantes vertes et le cycle recommence.
Quand le pisciculteur intervient.
Quand le pisciculteur enlève les poissons de son bessin, le cycle ne peut pas recommencer comme auparavant :
- parce qu'il n'y a plus de poissons pour manger les plantes et les animaux,
- parce qu'il n'y a plus de poissons qui tombent dans la vase du fond où les bactéries les transforment en minéraux dissous et il n'y a done plus (ou moins) de minéraux dissous.
Le pisciculteur enlève donc une partie de la chaine alimentaire et il arrête le cycle.
Il va réempoissonner son bassin afin de redémarrer son élevage, mais il doit aussi ajouter des minéraux à l'eau, sinon la production sera faible.: Il va fertiliser son bassin avec un compost et s'il veut obtenir de bonnes productions, il va nourrir ses poissons comme il nourrit ses poussins ou ses lapins.
Dans cet enclos on met des couches de paille alternées avec des couches de fumier et d'autres engrais organiques mentionnés plus haut. Il ne faut pas oublier le fumier parce qu'il contient beaucoup de minéraux et aussi des bactéries qui accélèrent la décomposition et la minéralisation du compost. Chaque semaine il faut ajouter une couche de paille et une couche de déchets.
- Le compost extérieur
On prépare le compost à côté de l'étang, de préférence dans un endroit ombragé protégé de la pluie. On fait le compost en couches : d'abord des herbes et des feuilles, après du fumier et toutes sortes de déchets organiques. On ajoute un peu de terre fertile et on arrose. Comme ça on prépare un grand tas de couches d'herbes et de fumier alternés. Chaque jour on arrose un peu. Après 3 à 4 semaines le compost est prêt. On peut faire le compost de telle façon que d'un côté on ait du compost prêt à l'utilisation pendant qu'on ajoute des couches de l'autre côté. Ainsi on a toujours du bon compost.
Il faut utiliser uniquement des engrais minéraux dans des étangs bien étanches avec un minimum de renouvellement d'eau.
L'alimentation
A côté d'une fertilisation de l'eau, afin d'augmenter la nourriture naturelle du poisson (le plancton végétal et le plancton animal, les petits insectes et leurs larves, etc…), la meilleure façon pour obtenir de bonnes productions est d'alimenter les poissons comme on alimente les poules ou les cochons dans un élevage intensif.
La plupart des nourritures artificielles sont à la fois consommées par le poisson et utiles pour le développement du plancton.
On peut utiliser presque tous les sous-produits de l'agriculture ainsi que des déchets de transformation des produits alimentaires :
- son de riz
- son de blé
- son de maïs
- tourteau de coton
- graines de coton pillées
- tourteau d'arachide
- tourteau palmiste
- feuilles de manioc, papaye, etc…
- termites
- drèche de brasserie
- restes de nourriture de la cuisine
On va nourrir nos poissons tous les jours, de préférence même deux à trois fois par jour. On essayera de les nourrir toujours au même moment, par exemple à sept heures du matin, à midi et à cinq heures de l'après midi.
Comme ça, en déposant les aliments toujours à un endroit bien précis, on peut savoir si il reste des aliments sur le fond, ou si on ne le voit pas on peut fouiller de temps à autre avec la main pour constater si on ne donne pas trop.
Pour se débarasser des plantes il faut d'abord veiller à ce qu'il y ait toujours au moins 50 cm d'eau dans les endroits les moins profonds de l'étang. De cette façon on empeche les plantes des berges de se développer puisqu'elles ne peuvent pas pousser quand elles sont recouvertes d'eau, et on freinera aussi la croissance des plantes immergées puisqu'elles n'auront pas beaucoup de lumière à cette profondeur. Une méthode pour lutter contre la végétation aquatique qui se développe dans le fond des bassins est de provoquer un développement abondant de phytoplancton (plancton végétal). Quand on fertilise bian un étang (avec un compost), l'eau daviendra vere et la lumiere ne pourra plus pénétrer en profondeur, de façon que toute activité de photosynthèse s'arrèts : les plantes immergées ne pourront plus se développer.
Lorsque l'étang se trouve quanmême envahi de plantes aquatiques, le pisciculteur doit y remédier. La méthode la plus simple est d'arracher touts plante nuisible. Toutefois, quand elles sont trop nombreuses, il ne doit pas les laissar trainer dans l'eau. Leur décomposition pourrait entrainer une trop importante réduction de l'oxygène dissous dans l'eau, provoquant la mortalité par asphixie des poissons. Il est conseillé d'entasser ces plantes sur les digues pour qu'elles se décomposent et de les mettre au fur et masure dans le compost de l'étang.
Les pêches de contrôle.
Les pêches de contrôle ont comme buts principaux la vérification de la croissance et de la taille du poisson afin de décider du moment de vidange complête ou d'une recolte partielle (pêche intermédiaire).
Les poissons d'une pêche de contrôle seront toujours remis dans l'étang. On les traitera donc avec précaution et les manipulations seront reduit au strict minimum. D'habitude il suffit d'estimer si les poissons (géniteurs) conviennent à la consommation et à la vente et si les alevins sont d'une taille suffisante pour supporter une vidange et d'être remis dans le bassin (réempoissonnement).
Le pisciculteur peut aussi faire le poids moyen des géniteurs, estimer leur poids total dans le bassin et ajouter l'alimentation. Les pêches de contrôle se font d'habitude avec un épervier ou un filet, mais jamais à la ligne puisqu'on ne veut pas blesser le poisson.
La recolte du poisson.
La recolte du poisson peut se faire par plusieurs méthodes. On peut recolter tout le poisson en une seule fois (vidange complète) ou on peut le faire en plusieurs fois en faisant des pêches intermédiaires sans vider l'étang avant de vidanger complètement.
Les pêches intermédiaires
Cette méthode permets au pisciculteur de se procurer du poisson pendant la durée de l'élevage. Il peut le faire avec un filet, un épervier, des nasses ou des lignes. En même temps il peut suivre la croissance des poissons. Les pêches intermédiaires ne doivent toutefois pas se faire trop tôt, puisqu'en enlevant les géniteurs trop vite, on dérange la reproduction dans l'étang. Il faut donc attendre le moment que les premiers alevins apparaissent avant de commencer la pêche.
A chaque recolte il faut enlever qu'une petite quantité de poisson, surtout si on fait beaucoup de pêches intermédiaires. Le pisciculteur devrait chaque fois noter le poids du poisson qu'il sort du bassin, afin de les additionner à la production au moment de la vidange complète.
Si ces pêches se font d'une façon modérée, elles permettent de recolter une production totale plus élevée que si on pratique une seule vidange à la fin du cycle.
La vidange complète.
Il n'est pas toujours possible de vider complètement le bassin, mais c'est le meilleur moyen de cloturer une période de production et en même temps de remettre en état le bassin.
Une vidange se fait toujours tôt le matin, afin de pouvoir travailler pendant les heures de fraicheur. Ainsi les poissons et surtout les alevins que l'on gardera pour le réempoissonnement souffriront moins. Le matériel et les outils nécessaires pour la vidange (pelle, bassines, paniers, etc…) seront rassembles le soir avant. La vente du poisson sera prévu ou bien au bord de l'étang et dans ce cas on fera la propagande chez les voisins, ou bien au marché du village et un moyen de transport rapide sera prévu.
Les travaux d'entretien après la vidange.
L'assec.
La mise à sec d'un étang ou l'assec, est la durée que reste un étang sans eau (période entre la vidange et la remise sous eau). Elle peut être totale ou partielle, de courte ou de longue durée.
L'assec permet, grâce à des phénomènes physico-chimiques et biologiques, les effets bénéfiques suivants:
une mobilisation des éléments nutritifs contenus dans le sol,
une minéralisation rapide des débris organiques,
la destruction des plantes aquatiques, des germes de maladie, des parasites et de certains prédateurs du poisson.
Dans les pays tropicaux, la période de mise à sec peut être réduite à quelques jours. Une courte période est d'ailleurs préférable pour éviter la formation de fissures dans les digues ainsi que dans le fond de l'étang, due au retrait des argiles. Un léger travail superficiel du fond de l'étang peut aider à l'aération du sol et aux trois points mentionnés plus haut. Toutefois il ne faut pas labourer profondément, car cela pourrait provoquer une remonté à la surface de terre stérile, et un enfouissement en profondeur de la couche superficielle riche en éléments nutritifs. Une culture (légumineuses ou culture vivrière) pourra être effectuée sur le fond de l'étang pendant une mise à sec prolongée. Les parties non recoltées seront ensuite enfouies dans le sol avant la remise sous eau. Le pisciculteur qui adopte cette solution d'exploitation mixte cherchera une culture aussi brève que possible. Il doit comparer la rentabilité d'une culture intercalaire avec l'exploitation purement piscicole.
Curage de l'assiette.
C'est généralement à l'endroit le plus profond de l'étang (devant le moîne), que la vase tend à s'accumuler. Il faut sans cesse procéder à l'enlèvement de celle-ci afin que les poissons puissent, lors de la recolte, y trouver de l'eau la plus propre possible. Cette vase se compose d'une accumulation de sédiments de la couche superficielle du fond de l'étang et de débris organiques. Elle est donc très riche en éléments nutritifs et peut être utilisée à côté de l'étang comme engrais pour des cultures maraichères. Il est aussi possible, afin de ne pas perdre ces éléments nutritifs, de répartir cette boue sur d'autres endroits de l'assiette sans toutefois en laisser trop.
Réfection des drains.
Ceux-ci ont tendance à se combler au cours des productions. Un passage rapide selon le tracé du réseau initial suffira, mais la boue devra être rejetée au loin et non pas déposée sur les bords de ces drains.
Remise en état des digues.
Au moment de la construction des étangs une pente de 1/2 à l'intérieur de l'étang à été respectée. Au cours de la production une dégradation s'effectue suite à :
un affouillement des berges par la population (nids du Tilapia)
des effondrements par tassement au cours des travaux effectués
une érosion incessante due aux vagues (dans les grands étangs)
Il faut alors effectuer un rechaussement des digues par apport de nouvelle terre (argile) et refaire la pente initiale.
Réparation de l'arrivé d'eau.
Il arrive souvent que le conduit d'arrivée d'eau a été mal prévu (trop court) et qu'un affouillement se produit dans la digue amont de l'étang à l'aplomb du conduit. La meilleure solution est évidemment de prévoir un conduit suffisamment long, de façon à ce que son extrémité arrive en avant du pied de la digue. Une pierre plate est déposée sur le fond de l'étang au point de chute du filet d'eau pour casser le jet de réduire les dégradations par affouillement. Sinon une réparation de la digue s'impose avec un parement de pierres pour limiter l'érosion de l'eau.
L'entretien du moîne.
Lorsqu'il s'agit de moînes en brique ou en maçonnerie, il est nécessaire de vérifier le crépi extérieur. Si l'on constate :
une altération légère, il faut récrépir
que les joints du ciment sont déjà attaqués, il faut effectuer un rejointage des pierres ou des briques et recrépir l'ensemble
un état défectueux de quelques planchettes, on procède à leur remplacement.
Permalink: http://www.idealist.org/if/i/fr/av/Materials/83575-242/c

 

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